📍 Besançon, France ✉️ info@acha-france.com 🕐 Mon–Fri 9 a.m.–5 p.m.
Les algorithmes contrôlent-ils et menacent-ils la démocratie en France et en Europe ? La Hausse du Racisme en France : Réalité criminelle ou sensibilité accrue ? La Haine : L'incitation théorique se transforme-t-elle en violence réelle ? De la méfiance au chaos : naissance, propagation et radicalisation des théories du complot à l’ère numérique Transmission de l’antisémitisme à travers la famille, la religion, les médias et les identités fermées en Europe Comment la haine et l'incitation attisent les violences après chaque célébration à Paris Les algorithmes contrôlent-ils et menacent-ils la démocratie en France et en Europe ? La Hausse du Racisme en France : Réalité criminelle ou sensibilité accrue ? La Haine : L'incitation théorique se transforme-t-elle en violence réelle ? De la méfiance au chaos : naissance, propagation et radicalisation des théories du complot à l’ère numérique Transmission de l’antisémitisme à travers la famille, la religion, les médias et les identités fermées en Europe Comment la haine et l'incitation attisent les violences après chaque célébration à Paris
← Back

De la haine à l’extrémisme violent : lecture sociologique dans le territoire de Besançon

📅 28 mai 2026 ✍️ acha ⏱️ 21 min de lecture

 

Une analyse du continuum entre discours de haine, discriminations et risques de radicalisation sur l’agglomération bisontine, replacée dans son contexte national et européen

 

ACHA France – Étude analytique 

 

Besançon, vendredi 22 mars 2025. Des militants du Comité de vigilance antifasciste et de l’association Solmiré se rassemblent place de la Révolution pour marcher contre le racisme et le fascisme. En ce lendemain de la Journée internationale de lutte contre le racisme, ils dénoncent ce qu’ils qualifient de « racisme institutionnel » et de « discours politique qui pousse au rejet ».

 

Quelques mois auparavant, en octobre 2023, c’est un adolescent de seize ans qui était interpellé à Roche-lez-Beaupré -commune de l’agglomération bisontine – après avoir posté sur la plateforme Discord des menaces d’« aller tirer dans une mosquée ».

 

Deux événements distincts, deux registres différents, mais un même territoire. Besançon n’est pas une ville à part. Elle est une ville française ordinaire – ce qui signifie aujourd’hui une ville traversée par les tensions qui fracturent le pays : montée des actes haineux, polarisation numérique, précarité des quartiers populaires, risques de radicalisation aux marges.

 

La présente étude tente de cartographier ce continuum à partir des données disponibles, en croisant analyses statistiques nationales, données territoriales et cadre théorique des sciences sociales.

 

Un territoire de contrastes : Besançon en chiffres

 

Besançon est la préfecture du Doubs et le chef-lieu de la région Bourgogne-Franche-Comté. Sa population s’élevait à environ 120 057 habitants en 2022, au sein d’une agglomération – Grand Besançon Métropole – regroupant 198 387 habitants répartis sur 67 communes.

 

C’est une ville universitaire, siège d’une académie active, marquée par une histoire ouvrière et industrielle prononcée, et caractérisée par une géographie sociale profondément contrastée.

 

Le revenu médian de Besançon – 17 700 euros par an – est le plus faible de son agglomération, contre 22 100 euros dans le reste du Grand Besançon.

 

La ville concentre à elle seule 83 % de la population à bas revenus de son périmètre intercommunal. Cette fracture économique interne se double d’une géographie de la vulnérabilité sociale documentée. Au 1er janvier 2024, la nouvelle carte des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) en Bourgogne-Franche-Comté recense 62 QPV dans 37 communes, dont 17 dans le seul département du Doubs.

 

Besançon a vu s’ajouter à ses QPV historiques deux nouveaux quartiers prioritaires : Battant et les Hauts de Saint-Claude. La population totale des QPV de la région a augmenté de 11 % avec cette révision géographique, témoignant d’un élargissement structurel de la précarité urbaine.

 

17 700 €  revenu médian annuel à Besançon — le plus faible de l’agglomération, qui compte 17 QPV dans le Doubs  (INSEE / AUDAB 2024)

 

Sur le plan de la diversité religieuse et culturelle, Besançon se distingue par une présence musulmane significative. Selon les données citées par France Bleu Besançon et confirmées par diverses sources locales, la ville compterait environ 15 000 fidèles musulmans, soit approximativement 13 % de la population bisontine – faisant de l’islam la deuxième religion de la ville.

 

Cette communauté, issue des vagues successives d’immigration liées à l’histoire industrielle de la région, est principalement installée dans les quartiers populaires de Planoise et des secteurs nord-est de la ville, secteurs qui recoupent largement les QPV. Cette réalité démographique constitue un élément essentiel pour comprendre le tissu social local et les tensions qui le traversent.

 

Le Doubs dans la cartographie nationale des actes haineux

 

Pour situer le territoire bisontin dans la géographie nationale de la haine, il convient d’établir d’abord le panorama français. L’année 2024 a été marquée par une recrudescence historique des actes haineux.

 

Le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) a enregistré plus de 16 000 atteintes à caractère raciste, xénophobe ou antireligieux – soit une hausse de 11 % par rapport à 2023. La Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), dans son rapport annuel publié en juin 2025, recense pour sa part 3 144 faits à caractère raciste, antisémite, antimusulman ou xénophobe en 2024 – chiffre stable par rapport à 2023, mais qui demeure 92 % plus élevé qu’en 2022.

 

Dans ce tableau national, le Doubs est classé par le SSMSI parmi les départements enregistrant entre 1,1 et 2,1 crimes ou délits « à caractère raciste » pour 10 000 habitants en moyenne annuelle sur la période 2022–2024. Ce positionnement, intermédiaire à l’échelle nationale, révèle néanmoins une présence documentée et continue du phénomène.

 

En parallèle, la plateforme PHAROS, chargée du signalement de la haine en ligne, enregistrait au niveau national en 2024 une augmentation de 55 % des signalements pour provocation publique à la haine, discrimination, injures et diffamations xénophobes – atteignant 36 048 signalements annuels. Cette explosion numérique affecte l’ensemble des territoires, y compris Besançon et son agglomération.

 

La dimension scolaire de ce phénomène est particulièrement préoccupante. Le rapport CNCDH 2024 relève que les actes racistes dans les établissements scolaires français ont « presque triplé » en un an.

 

L’académie de Besançon, consciente de cette réalité, a organisé le 12 mars 2025 son premier séminaire « Agir contre les discriminations », réunissant l’ensemble des acteurs éducatifs du territoire. Ces initiatives institutionnelles témoignent d’une prise de conscience réelle — mais aussi de l’ampleur des défis qu’il reste à surmonter.

 

+92%  d’actes haineux en France en 2024 par rapport à 2022 — actes racistes scolaires «presque triplés» en un an  (CNCDH, rapport annuel juin 2025)

 

 La haine numérique se matérialise : l’affaire de Roche-lez-Beaupré

 

L’affaire d’octobre 2023 illustre avec une précision saisissante la manière dont le discours haineux numérique peut se matérialiser en menace physique concrète sur un territoire.

 

Le 11 octobre 2023, un adolescent de seize ans publie sur Discord le message suivant : « Je vais aller tirer dans une mosquée, j’ai les armes », accompagné d’une vidéo montrant un fusil d’assaut. Grâce au signalement d’un autre utilisateur de la plateforme, le jeune homme est rapidement localisé à Roche-lez-Beaupré et interpellé le lendemain matin par les gendarmes de la section de recherche de Besançon.

 

Le procureur de la République de Besançon, Etienne Manteaux, a précisé à l’issue de l’interpellation que le jeune homme constituait « la caricature de l’adolescent qui passe son temps à faire des jeux de guerre et à chatter avec d’autres » et qu’il n’y avait « pas un seul élément qui puisse laisser penser à un début de radicalisation ».

 

Une cellule de recueil des informations préoccupantes du Doubs a néanmoins été saisie, et un bilan éducatif confié à la Protection judiciaire de la jeunesse.

 

Si cet épisode peut être classé comme un fantasme adolescent sans profondeur idéologique structurée, il illustre parfaitement le mécanisme documenté par Europol et le CNRS : l’exposition prolongée à des contenus haineux en ligne peut conduire à des passages à l’acte, même en l’absence d’une idéologie formalisée.

 

Le rapport Europol TE-SAT 2025 souligne en ce sens que le recours aux jeux vidéo et aux plateformes numériques à des fins de propagation de contenus terroristes à destination des jeunes a connu une augmentation significative, et que « les problèmes de santé mentale, l’isolement social et l’addiction au numérique jouent un rôle majeur dans la radicalisation ».

 

Dans ce contexte, les quartiers populaires de Besançon – où la fracture numérique peut paradoxalement coexister avec une hyperconnectivité par smartphone – constituent un terrain d’exposition particulièrement vulnérable.

 

 Repère – Roche-lez-Beaupré, octobre 2023

 

Un adolescent de 16 ans interpellé dans l’agglomération bisontine après avoir publié sur Discord : « Je vais aller tirer dans une mosquée, j’ai les armes ». Pas de radicalisation avérée selon le parquet, mais saisine de la cellule de recueil des informations préoccupantes du Doubs et suivi confié à la Protection judiciaire de la jeunesse.

 

Cet épisode illustre directement le lien entre exposition aux contenus haineux en ligne et menace physique sur un territoire.

 

La mémoire du territoire : de la mosquée Sunna aux enjeux contemporains

 

La question de la radicalisation à Besançon n’est pas nouvelle. L’histoire de l’islam bisontin porte la mémoire d’une affaire ancienne qui a durablement marqué les relations entre les services de renseignement et les communautés musulmanes locales. Sept hommes originaires de Besançon, fidèles de la mosquée Sunna, avaient été surveillés par les Renseignements généraux pendant plus de deux ans avant d’être mis en cause pour avoir préparé un attentat terroriste et tenté de prendre le contrôle d’une mosquée afin d’en radicaliser les fidèles.

 

Cette affaire, bien antérieure à la vague d’attentats des années 2010, rappelle que le territoire bisontin n’est pas immunisé contre les phénomènes de radicalisation – même si sa communauté musulmane est, dans sa grande majorité, profondément attachée à la paix sociale et à l’intégration républicaine.

 

Aujourd’hui, la réalité de la communauté musulmane bisontine est avant tout celle d’une communauté populaire confrontée aux mêmes difficultés sociales que l’ensemble des résidents des quartiers prioritaires : chômage, discrimination à l’embauche, accès difficile au logement, expériences répétées de contrôles perçus comme discriminatoires.

 

Ces frustrations sociales – documentées au niveau national par l’enquête Trajectoires et Origines 2 (TeO2) de l’INSEE et de l’INED – constituent le terreau dans lequel peuvent germer, sur les marges les plus vulnérables, des formes de ressentiment susceptibles d’être instrumentalisées par des narratifs extrémistes.

 

C’est ce que les chercheurs du CNRS et le rapport Europol désignent comme les « facteurs de vulnérabilité à la radicalisation » : non pas une inclination naturelle, mais une combinaison de fragilités sociales et d’expositions idéologiques non contrées.

 

L’extrême droite : le second vecteur de radicalisation

 

Si le risque islamiste retient traditionnellement l’attention des services de renseignement, le rapport Europol TE-SAT 2024 et les analyses du Centre de recherche sur l’extrémisme (C-REX) de l’Université d’Oslo rappellent une réalité souvent sous-estimée : les projets d’attaques d’extrême droite déjoués en France représentaient la moitié des cas recensés dans l’ensemble de l’Union européenne, plaçant le pays au deuxième rang européen des violences d’extrême droite en 2023.

 

Besançon n’est pas étrangère à cette réalité. En janvier 2023, un rassemblement contre l’extrême droite se tenait devant le tribunal de la ville – signe d’une mobilisation civile face à des menaces jugées concrètes.

 

Le 22 mars 2025, c’est à nouveau dans les rues de Besançon que des militants antifascistes dénonçaient un « discours politique qui pousse au rejet ». L’académie de Besançon, dans ses priorités éducatives, cible explicitement l’antisémitisme, le racisme et les LGBTQ-phobies – autant de marqueurs idéologiques dont se nourrit l’extrémisme de droite.

 

La progression électorale des partis d’extrême droite dans le Doubs – qui suit, comme dans l’ensemble du territoire national, une tendance continue depuis 2022 – constitue le baromètre politique de cette tension.

 

Le rapport CNCDH 2024 note que la France traverse une période d’instabilité institutionnelle et de défiance accrue des citoyens à l’égard des institutions, aggravée par une longue vacance à la tête de la DILCRAH – Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT. Ce vide institutionnel fragilise la capacité des acteurs locaux, y compris à Besançon, à disposer des ressources nationales nécessaires pour répondre efficacement aux incidents haineux.

 

Le continuum : de la discrimination quotidienne à l’extrémisme potentiel

 

La contribution centrale de cette étude est la mise en évidence d’un continuum – souvent invisible dans les approches sectorielles – reliant la discrimination quotidienne subie par les habitants des quartiers populaires bisontins au risque d’extrémisme violent.

 

Ce continuum n’est pas une fatalité, ni une fiction théorique. Il est documenté par les recherches du programme COSPRAD du CNRS (bilan 2025), qui s’appuient sur le modèle socio-écologique de Dahlberg et Krug, proposant une approche multi-niveaux de la violence en identifiant les facteurs de risque selon quatre dimensions : individuelle, relationnelle, communautaire et sociétale.

 

À Besançon, ce continuum opère de la manière suivante. Au niveau individuel : des jeunes issus des QPV qui subissent des discriminations à l’école – les actes racistes scolaires ont presque triplé en France en 2024 -, qui se voient opposer des refus répétés à l’embauche, et qui se sentent stigmatisés dans l’espace public. Au niveau relationnel : une exposition à des pairs ayant intériorisé un discours victimaire, ou, à l’inverse, à des réseaux de haine en ligne.

 

Au niveau communautaire : un sentiment de relégation géographique dans des QPV concentrant les fragilités sociales. Au niveau sociétal : un climat politique national marqué par la montée du populisme et la normalisation progressive de discours stigmatisant les minorités religieuses et ethniques.

 

C’est à l’intersection de ces quatre dimensions que naît la vulnérabilité à la radicalisation. Non parce que la pauvreté génère mécaniquement l’extrémisme – cette causalité simpliste est réfutée par la recherche -, mais parce que la combinaison de frustrations sociales non prises en charge, d’expositions idéologiques non contrées et d’un sentiment d’injustice persistant crée les conditions dans lesquelles les narratifs extrémistes trouvent une résonance.

 

 La chaîne du continuum à Besançon

 

Discrimination scolaire (actes racistes quasi triplés en 2024) → Exclusion du marché du travail (taux de chômage des immigrés : 12% contre 7% pour les non-immigrés, INSEE 2024) → Relégation dans les QPV (revenu médian 17 700 € contre 22 100 € pour le reste de l’agglomération) → Exposition aux contenus haineux en ligne (signalements PHAROS +55% en 2024) → Vulnérabilité à la radicalisation, islamiste ou d’extrême droite selon les profils et les expositions. Ce continuum n’est pas inéluctable. Il est documenté.

 

 Antisémitisme et islamophobie : deux réalités locales dans un contexte national tendu

 

Le territoire bisontin partage avec l’ensemble du pays la réalité d’une montée documentée des actes antisémites et islamophobes depuis 2023. À l’échelle nationale, 1 570 actes antisémites ont été recensés en France en 2024 par le Service de protection de la communauté juive (SPCJ) – une multiplication par 3,6 en deux ans.

 

Le rapport des Assises de lutte contre l’antisémitisme, publié par la DILCRAH en avril 2025, souligne que la rhétorique liée au conflit israélo-palestinien (Gaza, intifada) apparaît dans près d’un tiers des actes recensés, avec un durcissement documenté des registres mobilisés incluant, pour certains, des références à l’apologie du djihadisme ou du nazisme.

 

Dans ce contexte national, la communauté juive bisontine – modeste mais présente dans une ville universitaire et intellectuellement active – est exposée aux mêmes dynamiques.

 

L’académie de Besançon a explicitement intégré la lutte contre l’antisémitisme parmi ses priorités éducatives pour 2025. S’agissant de la communauté musulmane, les 1 037 actes islamophobes recensés au niveau national par le Collectif contre l’islamophobie en Europe (CCIE) en 2024 – dont 76 % touchant des femmes, le port du voile constituant le motif dans 40 % des cas – se traduisent localement par des expériences quotidiennes de discrimination dans l’accès à l’emploi, au logement et dans les interactions avec les services publics.

 

Ces réalités sont documentées par les associations locales, mais insuffisamment quantifiées en l’absence de données infra-départementales publiées.

 

1 570  actes antisémites en France en 2024 (×3,6 en deux ans) — 1 037 actes islamophobes (+25%) – deux tendances qui affectent tous les territoires français  (SPCJ 2025 / CCIE 2024)

 Les acteurs de la résistance : une société civile engagée

 

Face à ces dynamiques, Besançon dispose d’atouts institutionnels et civils réels qu’il convient de ne pas sous-estimer. L’académie de Besançon, en organisant dès mars 2025 son premier séminaire « Agir contre les discriminations » et en intégrant la lutte contre l’antisémitisme, le racisme et les LGBTQ-phobies dans ses priorités structurelles, constitue un premier rempart éducatif.

 

Le Comité de vigilance antifasciste et l’association Solmiré incarnent la mobilisation de la société civile. Le tissu associatif bisontin, historiquement actif sur les questions d’accueil des migrants et de promotion de la diversité culturelle, demeure un acteur de terrain irremplaçable.

 

Ces ressources sont cependant soumises à des contraintes réelles. Le désengagement institutionnel national documenté par la CNCDH – illustré par la longue vacance à la tête de la DILCRAH – affecte directement les capacités de coordination et de financement des acteurs locaux.

 

L’indice de tolérance national atteint certes 63 sur 100 – troisième meilleur score depuis 1990 selon la CNCDH -, et les jeunes générations se révèlent statistiquement plus tolérantes que leurs aînés : une donnée d’espoir. Mais cette tolérance statistique coexiste avec des actes haineux à des niveaux records. Les comportements et les opinions ne se superposent pas nécessairement, et c’est dans cet écart que se nichent les tensions les plus dangereuses.

 

RECOMMANDATIONS

  1. Créer un Observatoire local des discriminations et des actes haineux adossé à l’ACHA France, à l’académie de Besançon et aux associations de terrain, afin de produire des données infra-départementales permettant un pilotage fin des politiques publiques.
  2. Renforcer les dispositifs de prévention de la radicalisation en ligne dans les établissements scolaires des QPV bisontins, en intégrant une formation spécifique à la reconnaissance des contenus haineux, des théories du complot et des narratifs d’endoctrinement diffusés sur les plateformes numériques.
  3. Développer des programmes de mentorat professionnel ciblant les jeunes diplômés issus des QPV bisontins confrontés à des discriminations à l’embauche, en mobilisant le réseau des entreprises engagées dans les obligations de diversité du CSRD.
  4. Soutenir financièrement et institutionnellement les associations bisontines de lutte contre les discriminations, dans le cadre du Contrat de ville 2024–2030 du Grand Besançon Métropole, en conditionnant une partie des financements à des indicateurs de résultats mesurables.
  5. Mettre en place un protocole local de détection précoce des signaux faibles de radicalisation — inspiré du modèle de prévention tertiaire du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV) de Montréal — associant éducateurs, travailleurs sociaux, professionnels de santé mentale et acteurs communautaires des quartiers prioritaires.
  6. Intensifier la coopération entre le parquet de Besançon, les services académiques et la plateforme PHAROS pour assurer un traitement rapide des signalements de haine en ligne émanant du département du Doubs, en particulier ceux impliquant des mineurs.
  7. Publier annuellement un rapport territorial sur l’état de la cohésion sociale dans l’agglomération bisontine, incluant des données sur les actes haineux signalés, les discriminations, les incidents liés à la radicalisation et l’évolution des indicateurs sociaux des QPV.
💛 Faire un don