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Les rumeurs locales et leur impact sur la paix sociale à Besançon

📅 31 mai 2026 ✍️ acha ⏱️ 27 min de lecture

 

 

Analyse du phénomène de désinformation dans l’espace numérique et communautaire (2025–2026)

Étude analytique – Cohésion sociale, Désinformation & Droits humains  

 

Par la Rédaction ACHA France

 

RÉSUMÉ

 

Cette étude analyse le phénomène des rumeurs locales à Besançon et leur impact sur la cohésion sociale dans une ville multiculturelle. Elle examine les typologies de désinformation, les vecteurs de diffusion numérique, les populations ciblées et les mécanismes de transformation des rumeurs en discours de haine. Elle propose le premier Indice ACHA des Rumeurs Locales (IARL), un outil de mesure périodique destiné à suivre l’évolution du phénomène et à orienter les politiques de prévention.

 

Besançon, novembre 2024. Un message WhatsApp circule dans plusieurs groupes d’habitants : « Un camp de migrants va être installé dans le quartier Planoise. La mairie a décidé en secret. » En moins de 48 heures, le message est partagé des centaines de fois. Des habitants inquiets appellent la mairie.

 

Des tensions émergent sur les réseaux locaux. La rumeur est fausse. Mais le mal est fait. Cette étude part de ce constat : dans une ville comme Besançon, où la diversité culturelle est une réalité quotidienne, les rumeurs ne sont pas de simples malentendus. Elles peuvent devenir des armes silencieuses contre la paix sociale.

 

 

  1. Définitions et cadre conceptuel

1.1 Qu’est-ce qu’une rumeur ?

 

La rumeur est une information non vérifiée qui circule dans un groupe social, généralement en l’absence de sources fiables ou officielles. Elle se distingue de la mésinformation – erreur involontaire – et de la désinformation- mensonge délibéré. Dans l’espace numérique contemporain, ces trois catégories se confondent et s’alimentent mutuellement.

 

Gordon Allport et Leo Postman, dans leur ouvrage fondateur The Psychology of Rumor (1947), ont établi que l’intensité d’une rumeur est proportionnelle à son importance perçue multipliée par l’ambiguïté de la situation. Cette formule reste d’une actualité saisissante : les crises sociales, économiques et migratoires créent précisément les conditions d’ambiguïté dans lesquelles les rumeurs prospèrent.

 

1.2 Besançon, terrain privilégié d’analyse

 

Besançon présente plusieurs caractéristiques qui en font un terrain d’étude particulièrement pertinent pour l’analyse des rumeurs locales. Avec une population d’environ 120 057 habitants dont une proportion significative issue de l’immigration – notamment environ 15 000 fidèles musulmans représentant 13 % de la population – et 17 quartiers prioritaires de la politique de la ville dans le département du Doubs, la ville concentre les tensions sociales qui alimentent les rumeurs.

 

Sa taille intermédiaire permet une circulation rapide des informations dans les réseaux de proximité, tout en maintenant une vie associative et institutionnelle suffisamment dense pour produire des contre-narrations. C’est cet équilibre fragile entre tensions et ressources sociales que cette étude entend documenter.

 

  1. Typologies des rumeurs locales à Besançon

2.1 Cartographie des thématiques dominantes

 

L’analyse des groupes Facebook locaux, des fils Nextdoor et des canaux Telegram identifiés dans l’agglomération bisontine permet d’identifier six grandes familles de rumeurs récurrentes entre 2024 et 2026.

 

–  Les 6 familles de rumeurs identifiées à Besançon (2024–2026)

 

  1. Rumeurs migratoires – installations secrètes, délinquance attribuée, logements prioritaires contestés.
  2. Rumeurs sécuritaires – agressions inventées ou amplifiées, quartiers prétendument « interdits ».
  3. Rumeurs religieuses – islamisation supposée, prières de rue, influence sur les institutions.
  4. Rumeurs sociales – aides fictives accordées aux étrangers au détriment des Français.
  5. Rumeurs sanitaires- maladies importées, insalubrité dans certains quartiers.
  6. Rumeurs scolaires – incidents inventés, refus d’intégration, programmes modifiés.

 

Ces six familles partagent une structure narrative commune : elles mettent en scène un groupe extérieur (les migrants, les musulmans, les étrangers) comme menace pour un groupe intérieur (les habitants établis, les Français de souche). Ce schéma répond à ce que les chercheurs en psychologie sociale appellent le biais de menace perçue — une tendance cognitive à percevoir l’inconnu comme dangereux.

 

2.2 Le cycle de vie d’une rumeur locale

 

Les rumeurs bisontines suivent un cycle documenté en quatre phases. La germination – naissance dans un groupe WhatsApp ou une conversation informelle. L’amplification – partage sur les groupes Facebook locaux et les canaux Telegram. La normalisation – reprise par des comptes à forte audience locale qui la présentent comme vérifiée. La dispersion – circulation généralisée jusqu’à la saturation ou le démenti institutionnel.

 

Ce cycle dure en moyenne 72 à 96 heures pour les rumeurs à fort impact émotionnel. Le démenti, quand il intervient, met généralement deux à trois fois plus longtemps à circuler que la rumeur initiale – un phénomène documenté par la recherche en sciences de la communication sous le terme d’asymétrie de diffusion.

 

89%  des Français sont incapables de détecter une fake news – note moyenne de 5,4/20 au quiz Anti Fake News (Ifop)  (Étude Ifop pour Cision, février 2026, 2 000 personnes)

 

III. Les vecteurs de diffusion : anatomie d’une chaîne de désinformation

 

3.1 Facebook – la chambre d’écho locale

 

Facebook reste la plateforme dominante de diffusion des rumeurs locales à Besançon. Les groupes fermés consacrés aux quartiers – Planoise Actus, Besançon Ma Ville, Besançon Infos Non Officielles – constituent des espaces semi-privés où circulent des informations non vérifiées avec une apparence de légitimité communautaire.

 

La structure algorithmique de Facebook amplifie les publications suscitant des réactions émotionnelles fortes – indignation, peur, colère. Les rumeurs à connotation sécuritaire ou migratoire génèrent précisément ces réactions, ce qui explique leur propagation plus rapide que les démentis factuels.

 

3.2 WhatsApp et Telegram – l’espace du non-dit

 

WhatsApp et Telegram représentent le deuxième vecteur de diffusion, caractérisé par son opacité. Les chaînes Telegram et les groupes WhatsApp de quartier, de parents d’élèves, d’associations locales constituent des espaces où la rumeur circule sans possibilité de modération externe.

 

L’absence de vérification institutionnelle et la confiance interpersonnelle qui caractérise ces espaces renforcent la crédibilité perçue des informations partagées. Une rumeur reçue via le groupe WhatsApp des parents de l’école est spontanément jugée plus fiable qu’un article de presse – même si son contenu est identique.

 

3.3 TikTok – la viralité accélérée

 

TikTok représente un vecteur émergent, particulièrement actif auprès des moins de 35 ans. Son algorithme de recommandation, fondé sur l’engagement émotionnel plutôt que sur l’identité déclarée de l’utilisateur, expose les individus à des contenus polarisants indépendamment de leurs affinités initiales.

 

Des comptes régionaux à fort abonnement relaient régulièrement des informations non vérifiées sur la situation sécuritaire ou sociale de Besançon, touchant des publics qui ne fréquentent pas les groupes Facebook locaux.

 

3.4 Les comptes anonymes et l’IA générative

 

En 2024–2025, un phénomène nouveau s’est développé à Besançon : la circulation de contenus générés par intelligence artificielle – fausses images, faux témoignages, faux articles de presse locale – diffusés par des comptes anonymes. Ces contenus sont techniquement difficiles à distinguer de vrais témoignages, ce qui accélère leur diffusion et complique le travail de démenti.

 

400 Mds$  coût mondial estimé de la désinformation en 2024 — atteintes à la réputation, fraudes, perte de confiance  (Les Echos / Cision, 2024)

 

  1. Les populations ciblées : qui sont les victimes des rumeurs ?

L’analyse des rumeurs circulant à Besançon révèle une concentration sur des groupes spécifiques, dont la vulnérabilité sociale est souvent corrélée à la fréquence et à l’intensité des rumeurs les visant.

 

–  Populations les plus ciblées – données terrain ACHA France 2025–2026

Communauté musulmane : principal groupe visé, ciblé par 40 % des rumeurs à connotation religieuse.

Migrants et demandeurs d’asile : cibles de 55 % des rumeurs sécuritaires et sociales.

Communauté juive : ciblée par des rumeurs à caractère antisémite, en hausse depuis 2023.

Jeunes des quartiers prioritaires : associés aux rumeurs de délinquance et d’insécurité.

Femmes voilées : ciblées personnellement dans 30 % des incidents documentés en ligne.

Réfugiés ukrainiens et africains : sujets de rumeurs sur les aides sociales préférentielles.

 

Cette cartographie des cibles révèle une logique de victimisation sélective. Les groupes les moins susceptibles de répondre publiquement – du fait de barrières linguistiques, de craintes de représailles ou d’absence de représentation médiatique – sont systématiquement surreprésentés parmi les victimes de rumeurs.

 

La CNCDH documente une multiplication par 3,6 des actes antisémites en France entre 2022 et 2024. Les actes islamophobes recensés par le CCIE ont augmenté de 25 % en 2024. Ces données nationales se reflètent dans la réalité bisontine, où ACHA France a documenté une corrélation temporelle entre la circulation de rumeurs ciblées et les incidents haineux déclarés.

 

  1. Impact sur la paix sociale – mesurer l’invisible

 

5.1 L’érosion de la confiance interpersonnelle

 

Le premier impact des rumeurs sur la paix sociale est l’érosion de la confiance entre groupes. Un habitant de Planoise qui a lu que « les migrants de son quartier sont responsables des cambriolages » regardera différemment ses voisins d’origine étrangère – même si la rumeur est fausse et qu’il en doute lui-même.

 

Ce mécanisme – que les sociologues appellent l’effet de contamination cognitive – est particulièrement insidieux car il opère même lorsque l’individu rejette consciemment la rumeur. L’exposition suffit à modifier les schémas de perception.

 

5.2 L’impact sur les institutions locales

 

Les rumeurs affectent également la confiance dans les institutions locales. La mairie de Besançon, les services sociaux, les forces de l’ordre et les établissements scolaires sont régulièrement victimes de rumeurs sur leurs décisions ou leurs pratiques.

 

Cette défiance institutionnelle est documentée au niveau national : selon le baromètre de confiance 2025 de Sciences Po, seulement 32 % des Français font confiance aux institutions locales pour gérer l’intégration. À Besançon, les associations de terrain témoignent d’une difficulté croissante à mobiliser les habitants des quartiers populaires pour des réunions de concertation – symptôme d’une défiance qui s’exprime notamment par le refus d’engagement civique.

 

32%  seulement des Français font confiance aux institutions locales pour gérer l’intégration — en baisse de 8 points depuis 2020  (Baromètre de confiance Sciences Po / CEVIPOF 2025)

 

5.3 Le continuum rumeur-haine

 

ACHA France a documenté, dans ses études précédentes, le continuum entre rumeur et discours de haine. Une rumeur initiale relativement neutre – « il y a beaucoup d’étrangers dans ce quartier » – peut, par amplification successive, se transformer en affirmation haineuse – « les étrangers envahissent nos quartiers et volent nos enfants ».

Ce processus de contamination narrative suit le même modèle que la radicalisation idéologique : une exposition répétée à des contenus légèrement déformés, dans un environnement de confiance (groupe WhatsApp familial, groupe de voisins), normalise progressivement des représentations de plus en plus hostiles.

 

  1. Études de cas — cinq rumeurs bisontines documentées (2024–2026)

 

Cas 1 – La rumeur du camp clandestin de Planoise (novembre 2024)

 

Un message WhatsApp affirmant l’installation secrète d’un camp de migrants à Planoise circule en 48 heures dans des dizaines de groupes locaux. La mairie reçoit plus de 200 appels en deux jours. Le démenti officiel met 72 heures à circuler et n’atteint qu’une fraction de l’audience initiale.

 

Analyse : rumeur à fort ancrage sécuritaire, exploitant la vulnérabilité du quartier QPV. Aucune base factuelle. Diffusion : WhatsApp → Facebook → TikTok. Fréquence des actes hostiles envers des personnes perçues comme migrantes dans les jours suivants : +40 % selon les associations locales.

 

Cas 2 – La rumeur de l’islamisation de l’école (mars 2025)

 

Un message affirme qu’une école primaire bisontine a supprimé les cours d’histoire sur les croisades sous pression de parents musulmans. L’information est reprise par plusieurs comptes régionaux à fort abonnement. Le directeur de l’école dément publiquement. La rumeur continue de circuler six mois après.

 

Analyse : rumeur à fort ancrage identitaire, visant à créer une division entre parents. Diffusion : Telegram → Facebook → presse locale. Impact : tensions documentées lors d’une réunion de parents d’élèves, deux incidents verbaux signalés.

 

Cas 3 – La rumeur des aides préférentielles (octobre 2024)

 

Une publication Facebook affirme que les demandeurs d’asile reçoivent 1 800 euros par mois d’aides sociales, contre 800 euros pour les retraités français. Chiffres faux. La publication obtient 3 400 partages dans l’agglomération avant d’être signalée et supprimée.

 

Analyse : rumeur à fort pouvoir viral car jouant sur la comparaison injuste. Cible : migrants et demandeurs d’asile. Diffusion : Facebook exclusivement. Impact : 12 signalements PHAROS, multiplication des commentaires hostiles sur les pages institutionnelles locales.

 

Cas 4 – La rumeur du quartier interdit (juin 2025)

 

Une vidéo TikTok d’un compte anonyme affirme que certaines rues de Besançon sont « contrôlées par des gangs étrangers » et déconseille aux Français de s’y rendre. La vidéo accumule 45 000 vues en 48 heures. Les faits décrits sont inexacts.

 

Analyse : rumeur à fort impact sur l’attractivité et le tourisme local. Diffusion : TikTok → réseaux locaux. Impact : baisse documentée de la fréquentation de commerces locaux pendant une semaine selon des commerçants interrogés par ACHA France.

 

Cas 5 – La fausse image générée par IA (janvier 2026)

 

Une image générée par intelligence artificielle représentant prétendument une « altercation entre migrants et forces de l’ordre à Besançon » circule avec une légende géolocalisée dans la ville. L’image est techniquement très convaincante. Des médias régionaux sont contactés pour vérification. L’image est un deepfake.

 

Analyse : premier cas documenté de désinformation par IA générative à Besançon. Diffusion : Telegram → Facebook → tentative de reprise médiatique déjouée. Révèle une nouvelle phase dans l’évolution des outils de désinformation locale.

 

VII. Analyse numérique – les indicateurs clés

 

▬  Indicateurs numériques de la désinformation locale à Besançon (2024–2026)

 

Mots-clés les plus utilisés dans les rumeurs : migrants (38%), islamisation (22%), insécurité (19%), aides sociales (15%), école (6%).

Plateformes les plus actives : Facebook (45%), WhatsApp (30%), Telegram (15%), TikTok (10%).

Heures de pointe : 19h-22h en semaine, 10h-13h le week-end.

Durée moyenne de circulation avant démenti : 72 à 96 heures.

Ratio diffusion rumeur / diffusion démenti : 1 pour 3 (le démenti circule 3 fois moins).

Proportion de comptes anonymes dans la diffusion : 45 % des partages initiaux.

 

Ces données, collectées par ACHA France à partir des outils de veille numérique du Centre et des déclarations d’associations partenaires, constituent la première base quantitative locale sur le phénomène des rumeurs à Besançon.

 

Elles confirment une tendance nationale documentée : le contenu émotionnellement chargé se diffuse 6 fois plus vite que le contenu factuel neutre (étude MIT, 2018, mise à jour 2024). À l’échelle locale, cet effet est amplifié par la taille réduite des réseaux de diffusion – un même groupe WhatsApp peut atteindre simultanément des habitants de plusieurs quartiers.

 

VIII. Rôle des institutions locales – entre réactivité et prévention

 

L’analyse du rôle des institutions locales bisontines face aux rumeurs révèle un écart structurel entre les capacités de détection et les capacités de réponse.

 

La Ville de Besançon dispose d’un service de communication réactif, capable de publier des démentis officiels en quelques heures. Mais ces démentis circulent principalement sur les canaux officiels – site de la mairie, page Facebook institutionnelle – qui ne touchent pas les espaces où les rumeurs circulent (groupes fermés, messageries privées).

 

Les établissements scolaires sont particulièrement exposés aux rumeurs sur la vie scolaire et l’intégration des élèves. L’académie de Besançon a organisé en mars 2025 son premier séminaire « Agir contre les discriminations », reconnaissant ainsi le lien entre rumeurs, discriminations et tensions scolaires.

Les associations de terrain – dont la Blanchisserie du Refuge, les centres sociaux de Planoise et les organisations de la communauté musulmane bisontine – jouent un rôle de contre-pouvoir informel crucial : elles démentent les rumeurs dans les espaces où elles circulent, avec une crédibilité que les institutions officielles n’ont pas.

 

  1. L’Indice ACHA des Rumeurs Locales (IARL)

ACHA France propose la création d’un outil de mesure périodique – l’Indice ACHA des Rumeurs Locales (IARL) – destiné à quantifier et à suivre dans le temps le phénomène des rumeurs à Besançon.

 

▶  Composantes de l’IARL — version 1.0

 

I1 – Indice de propagation : volume de contenus non vérifiés détectés par SENTINEL dans la période (mensuel).

I2 – Indice de dangerosité : proportion de rumeurs à connotation haineuse ou discriminatoire (0–100).

I3 – Indice de ciblage : diversité et vulnérabilité des groupes visés (0–100).

I4 – Indice de vitesse : délai moyen entre émission et premier partage de masse (heures).

I5 – Indice de résistance institutionnelle : délai moyen de réponse officielle et portée du démenti.

IARL Global = moyenne pondérée de I1 à I5 – publié tous les 6 mois par ACHA France.

 

Le premier IARL sera publié en décembre 2026, après six mois de collecte de données via la plateforme SENTINEL. Il constituera le premier indice de ce type en Bourgogne-Franche-Comté et l’un des rares à l’échelle nationale pour une ville de taille intermédiaire.

 

Recommandations d’ACHA France

 

  1. Créer une cellule municipale de veille et de réponse rapide aux rumeurs

 

La Ville de Besançon devrait se doter d’une cellule dédiée, associant les services de communication, les centres sociaux et les associations de terrain, capable de détecter et de contrer les rumeurs dans les 24 heures suivant leur apparition – en intervenant directement dans les espaces numériques où elles circulent.

 

  1. Intégrer l’éducation aux médias dans le curriculum scolaire dès le primaire

 

L’académie de Besançon devrait généraliser les programmes d’éducation aux médias et à l’information (EMI) dès le cycle primaire, en mettant l’accent sur la vérification des sources, la détection des deepfakes et la compréhension des mécanismes de propagation des rumeurs.

 

  1. Soutenir les associations de proximité comme premier rempart contre les rumeurs

 

Les associations de terrain qui opèrent dans les quartiers prioritaires ont une capacité de démenti que les institutions officielles n’ont pas. Elles doivent être financées, formées et équipées pour jouer ce rôle de vigiles communautaires de l’information.

 

  1. Publier l’Indice ACHA des Rumeurs Locales deux fois par an

 

ACHA France s’engage à publier l’IARL en juin et décembre de chaque année, en partenariat avec les institutions locales, afin de fournir aux décideurs publics et aux acteurs de la société civile une base empirique pour leurs politiques de prévention.

 

  1. Créer un protocole de signalement accessible à tous les habitants

Un dispositif simple -numéro de téléphone, formulaire en ligne, permanences en mairie – permettant aux habitants de signaler les rumeurs dont ils sont témoins, avec une réponse vérifiée sous 48 heures. Ce dispositif devrait être disponible en français, en arabe et en anglais.

 

Sources et références

Données terrain et sources locales

–  ACHA France – Veille numérique plateforme SENTINEL, agglomération bisontine, 2024–2026 (données exclusives)

– Ville de Besançon – Analyse des Besoins Sociaux 2024 (CCAS Besançon / AUDAB)

–  INSEE – Analyses Bourgogne-Franche-Comté n°122 : 62 QPV, 17 dans le Doubs (2024)

–  France Bleu Besançon – Islam à Besançon : environ 15 000 fidèles (données 2024)

–  Académie de Besançon – Séminaire Agir contre les discriminations (mars 2025)

Sources nationales

–  Étude Ifop pour Cision – 89 % des Français démunis face à la désinformation, note 5,4/20 (février 2026, 2 000 personnes)

–  CNCDH – Rapport annuel 2024 : 3 144 actes haineux, ×3,6 actes antisémites vs 2022

–  CCIE – 1 037 actes islamophobes documentés en France 2024 (+25 %)

–  PHAROS- Signalements haine en ligne : +55 % entre 2023 et 2024

–  Baromètre de confiance Sciences Po / CEVIPOF 2025 : 32 % de confiance dans les institutions locales

Sources académiques

–  Allport, G. & Postman, L. (1947). The Psychology of Rumor. Henry Holt, New York.

–  Vosoughi, S., Roy, D. & Aral, S. (2018). The spread of true and false news online. Science, 359(6380), 1146–1151. (MIT)

–  Wardle, C. & Derakhshan, H. (2017). Information Disorder: Toward an Interdisciplinary Framework for Research and Policymaking. Council of Europe.

–  Les Echos / Cision (2024) – Coût mondial de la désinformation : 400 milliards de dollars en 2024

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